Héritage, Dons et Logement en Europe
Cet article explique des principes généraux et est fourni à titre informatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Les résultats personnels dépendent de la résidence, du type de revenus, des liens transfrontaliers, des documents et du calendrier.
Pourquoi la “taxe pour vivre avec vos parents” en Espagne est un mythe, et quel est le véritable problème
Ces dernières semaines, les réseaux sociaux espagnols ont été inondés de déclarations selon lesquelles les enfants vivant avec leurs parents seraient supposément tenus de payer un impôt sur les donations parce qu'ils bénéficient d'un logement gratuit à la valeur du marché. Le libellé semble alarmant, mais il déforme la loi et crée une fausse image du fonctionnement du système fiscal en Espagne et à travers l'Europe.
Il ne s'agit pas d'une taxe sur la vie en famille.
Il s'agit d'une taxe sur le transfert d'un avantage économique.
Ce que dit réellement la loi espagnole
L'Espagne applique la Loi 29/1987, l'Impôt sur les Successions et les Donations (ISD). Elle est en vigueur depuis près de quarante ans et définit l'événement imposable comme l'acquisition gratuite de biens ou de droits entre personnes vivantes.
Cela signifie que lorsque quelqu'un reçoit, gratuitement, un appartement, une part, un droit d'usage d'un bien, ou tout autre droit de propriété, une base imposable potentielle apparaît. C'est de là que vient le concept de donaciones encubiertas — donations cachées ou indirectes — : des situations où rien n'est formellement transféré, mais où en réalité quelqu'un utilise un bien comme le sien.
La récente montée des discussions n'est pas due à des changements dans la loi, mais parce que les autorités fiscales ont de nouveau commencé à appliquer activement cette doctrine aux situations immobilières.
Où se situe la véritable ligne de démarcation
En Espagne, la question clé n'est pas de savoir si un enfant vit avec ses parents, mais s'il a obtenu un droit économique sur un bien.
Lorsque un enfant vit avec ses parents dans la résidence principale de la famille, cela ne crée pas de donation imposable. Le Code civil espagnol établit le devoir de soutien des parents (deber de alimentos), qui inclut la fourniture de logement, de nourriture et de conditions de vie de base, même après que l'enfant ait atteint l'âge adulte s'il n'a pas ses propres moyens.
Le risque fiscal apparaît dans une zone différente : lorsqu'il ne s'agit pas de la maison familiale, mais d'une seconde propriété. Si un parent donne à un enfant adulte un deuxième appartement ou une maison pour y vivre de façon permanente gratuitement, sans contrat et sans déclarer de revenu imputé dans l'IRPF, les autorités fiscales peuvent traiter cela comme un transfert d'un droit d'usage — en d'autres termes, une donation d'usufruit.
Dans de tels cas, Hacienda peut réévaluer l'ISD comme une taxe sur les donations, l'IRPF comme si le bien avait été loué à la valeur du marché, ou les deux en même temps. Ce sont les cas qui apparaissent maintenant sur les réseaux sociaux, mais ils n'ont rien à voir avec la cohabitation familiale normale.
Pourquoi cela importe
L'Espagne n'est pas une exception. Elle reflète un modèle paneuropéen qui existe dans tous les pays de l'UE, indépendamment des taux ou des seuils.
À travers l'Europe, ce qui est taxé n'est pas la “vie de famille”, mais le transfert d'un avantage économique. La logique juridique est la même partout : si une personne reçoit un bien ou un droit économique sur celui-ci gratuitement, une base imposable apparaît ; si elle vit simplement en tant que membre d'une famille, aucune taxe ne s'applique.
Comment cela se présente dans d'autres pays européens
France
Si un parent donne un appartement à un enfant pour l'utiliser gratuitement, cela est traité comme une donation indirecte.
Si l'enfant vit dans la résidence principale de la famille, cela relève de l'obligation alimentaire et aucune taxe ne s'applique.
Allemagne
La fourniture gratuite de logement en dehors du foyer familial est traitée comme une Schenkung (donation).
Vivre ensemble en famille ne crée pas de base imposable.
Italie
L'utilisation gratuite d'une seconde propriété est une donazione del diritto di godimento.
Vivre dans la résidence principale de la famille n'est pas taxé.
Pays-Bas
Si un bien est utilisé gratuitement par un tiers, c'est un economic benefit transfer.
Une famille vivant dans sa maison principale n'est pas concernée.
Portugal
L'utilisation gratuite d'un bien en dehors du foyer déclenche l'imposto do selo (taxe sur les donations).
La cohabitation familiale est protégée.
Les taux et les règles techniques diffèrent, mais le modèle est le même à travers l'Europe.
Pourquoi cela est devenu visible maintenant
Dans le passé, les autorités fiscales se concentraient principalement sur la propriété légale. Aujourd'hui, elles examinent la réalité économique : qui vit réellement dans le bien, qui l'utilise, et qui en bénéficie.
CRS, l'échange automatique d'informations, les registres de propriété, et les contrôles de l'impôt sur le revenu ont rendu ces structures transparentes. C'est pourquoi les schémas impliquant l'utilisation gratuite de “résidences secondaires”, les enveloppes corporatives, et les biens détenus par la famille sont devenus le centre d'attention.
Conclusion
Il n'y a pas de taxe sur “vivre avec vos parents” en Espagne ou ailleurs en Europe. Il y a une taxe sur le transfert de propriété et d'avantage économique.
Tant qu'un enfant vit dans la maison familiale en tant que membre du foyer, cela est en dehors du système fiscal. Lorsqu'un second bien ou le droit de l'utiliser est effectivement transféré, la logique fiscale commence, et elle fonctionne de la même manière en Espagne, en France, en Allemagne, en Italie, et dans toute l'UE.
C'est la nouvelle réalité de la fiscalité européenne sur les successions et les biens.
Si la propriété et l'utilisation des biens d'une famille sont plus complexes que simplement vivre ensemble dans une maison, ce n'est plus une question domestique mais une structure fiscale. Dans de tels cas, ce qui importe, c'est quels droits économiques sont effectivement transférés entre les générations et où se situe l'exposition fiscale. Pour vérifier une situation spécifique, utilisez le bouton ci-dessous.
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